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Lubrizol : cocktail d’une inspection déficiente et d’une déréglementation débridée

Lubrizol : cocktail d’une inspection déficiente et d’une déréglementation débridée

Dans ce second volet consacré à l’incendie Lubrizol, Gabriel Ullmann met en perspective les défaillances de l’Administration dans la surveillance du site, avec des conséquences accentuées par une réduction des contraintes imposées aux industriels.
22 15:39:46/10/2019 – Lire l’actu
© Actu-Environnement

Avis d’expert proposé par Gabriel Ullmann, docteur-ingénieur chimiste, docteur en droit, expert auprès des tribunaux pour les pollutions et les nuisances, ancien membre du Conseil supérieur des installations classées

Lubrizol

Lubrizol

Des normes et des contrôles en régression pour les sites industriels à risque

Voir communiqué de la Coordination Nationale des Associations Riveraines des Sites Seveso en date du 10 octobre 2019

Accidents industriels : comment sont protégés les habitants qui vivent près des sites Seveso ?

L’incendie de l’usine chimique Lubrizol de Rouen pose, à nouveau, la question de la sécurité des riverains des sites Seveso. Des dispositifs existent pour garantir la protection des populations. Quels sont-ils  ? Sont-ils efficaces ?  Voici quelques exemples en Loire-Atlantique et en Côte-d’Or.   

L a France compte, à ce jour, 1312 sites Seveso. Ces sites industriels qui présentent des risques d’accidents majeurs sont classés selon deux niveaux : seuil haut ou seuil bas en fonction de leur dangerosité . 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/accidents-industriels-comment-sont-proteges-habitants-qui-vivent-pres-sites-seveso-1729701.html

ROUEN LUBRIZOL

RISQUE TECHNOLOGIQUE MAJEUR: Les riverain(e)s subissent.

L’ETAT doit garantir leur sécurité sans complaisance pour l’industriel.

Communiqué de la coordination Nationale 27092019

Coordination Nationale des Associations Riveraines des Sites Seveso

Objet : ACCIDENT LUBRIZOL ROUEN

à Monsieur le Rédacteur en chef

C’est un accident technologique majeur qui a touché la ville de ROUEN dans la nuit du 26 septembre suite à plusieurs explosions entraînant un violent incendie au sein de l’usine Lubrizol à ROUEN, site classé Seveso seuil haut. Ce feu a été maîtrise en fin de journée, le jeudi 27 septembre. Il vient rappeler l’accident industriel de l’usine AZF à Toulouse le 21 septembre 2001.

Des nuages de fumées noires hautement toxiques étalées sur plusieurs dizaines de kilomètres se sont répandus dans l’atmosphère avant de retomber en suies toxiques sur la ville et les communes environnantes avec comme conséquences une odeur entêtante entraînant parfois des vomissements, des galettes d’hydrocarbures sur la seine, une grande inquiétudes des agriculteurs et des risques de pollution des nappes phréatiques.

Le 20 janvier 2013, la même usine Lubrizol avait laissé échapper du mercaptan, produit très malodorant ressenti jusqu’en Angleterre.

Dans la fiche d’information Seveso de l’usine Lubrizol à Rouen, datée du 5 juillet 2017, le principal risque détecté sur le site était l’incendie. « Le risque d’accident pouvant entraîner un incendie sur les installations est relativement faible (fréquence évaluée au maximum à une fois tous les 10.000 ans). » peut-on lire sur le document.

Probabilité n’est pas synonyme d’impossibilité. Une nouvelle fois la preuve en est donnée. La méthode probabiliste de la loi Bachelot ne permet pas de retenir l’accident majorant pour la définition des périmètres de danger.

Cette situation appelle plusieurs remarques des associations composantes de la coordination nationale.

– Une usine à risque installée en plein cœur de ville est source de nuisances et de dangers pour la population.

– Un arrêté préfectoral en 2017 de mise en demeure pour « insuffisance du dispositif anti-incendie » avait été pris concernant l’usine Lubrizol, relève le quotidien Paris Normandie. Quels moyens ont été déployés pour assurer la sécurité au sein d’un site dangereux. Quels contrôles ont été opérés pour vérifier l’application des directives préfectorales?

– Les agents de l’État opérant au sein de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) sont-ils en nombre suffisant pour visiter et contrôler l’ensemble des sites Seveso installés sur le territoire.

Par ailleurs, il est indispensable de maintenir au sein des entreprises le pouvoir des salariés au sein des CHSCT (comité hygiène et sécurité et conditions de travail)

– Ce nouvel accident atteste de l’inefficacité de la loi Bachelot du 30 juillet 2003, insuffisamment contraignante pour les industriels (C’est l’industriel responsable qui doit réduire les risques à la source) et l’inefficacité des Plans de Prévention des Risques technologiques et leur inadaptation face à un accident technologique majeur de cette ampleur Le PPRT de Lubrizol avait été approuvé en 2014. Nous rappelons que les études de danger pour les PPRT sont réalisées par les industriels, sans réelle possibilité pour les riverains de faire faire des contre-expertises.

Il est indispensable que les riverains soient considérés comme des individus majeurs et responsables, qu’ils aient le droit à une information complète, limpide, notamment sur les causes et conséquences des accidents.

A ce jour, les risques de pollution sont réels et sérieux. Les fumées qui se sont dégagées doivent être finement analysées, les conséquences de l’incendie (bâtiments en feu, toitures) doivent être répertoriées et traitées comme il se doit.

Les riverains ont le droit de savoir.

Pour la Coordination :

Michel LE CLER – Donges Sylvestre PUECH – Martigue

Denis MOLIN – Toulouse

NB : courrier à adresser à: Coordination Nationale des Associations Riveraines des Sites Séveso

chez Michel LE CLER – 1 LE LARRON – 44 480 – DONGES

EXPLOSION et INCENDIE dans une RAFFINERIE en ALLEMAGNE

EXPLOSION et INCENDIE dans une RAFFINERIE en ALLEMAGNE

 

LE MONDE | 01.09.2018 à 09h25

 

Un incendie s’est déclaré samedi 1er septembre au matin à la suite d’une explosion dans une raffinerie du sud de l’Allemagne, près d’Ingolstadt. Au moins huit personnes ont été blessées, dont trois hospitalisées, et 1 800 habitants évacués, selon la police locale. L’explosion s’est produite dans un secteur de production de gaz et d’essence liquides de ce site de la compagnie Bayernoil, situé le long du Danube en Bavière, peu avant 5 h 30.

Selon la chaîne de radio-télévision publique locale Bayerischer Rundfunk, « l’onde de choc a été ressentie sur plusieurs kilomètres » lors de l’explosion. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent d’importantes flammes s’élever au-dessus de la raffinerie aux premières lueurs du jour. Deux cents pompiers sont mobilisés. « Les risques de nouvelles explosions persistent », a averti l’administration locale dans un communiqué.

1 800 personnes évacuées

Environ 1 800 habitants des localités de Vohburg et Irsching, à une quinzaine de kilomètres à l’est d’Ingolstadt, ont été évacués par mesure de sécurité et conduits vers des gymnases aux alentours.  La population est incitées à « garder portes et fenêtres fermées en raison de la fumée » dans un rayon de 20 kilomètres autour du foyer de l’incendie.

La compagnie locale Bayernoil, propriétaire de la raffinerie de Vohburg, emploie 790 personnes sur deux sites en Bavière. Elle produit différents carburants, dont de l’essence, du diesel et du fioul domestique, ainsi que du bitume. Le dernier incendie répertorié dans une raffinerie en Allemagne, en juillet dans un site de la compagnie Shell, n’avait pas fait de blessé.

_aright1  Huit blessés dans l’explosion d’une raffinerie en Allemagne

DONGES: La ligne SNCF Paris-Le Croisic

DONGES:
La ligne SNCF Paris-Le Croisic traverse au niveau de la commune de DONGES (44) le coeur de la raffinerie TOTAL, site classé Seveso seuil haut.
Depuis des décennies, la population dongeoise en demande le détournement.

Un nouveau tracé est envisagé mais maintient la voie ferrée en zone de danger définie par le PPRT et la rapproche des habitations.
Les riverains et leur association (ADZRP) viennent d’adresser un nouveau courrier au préfet de Loire Atlantique.

PPRTvoieferrée 0705015

AZF, l’explosion continue ! La lutte aussi !

Association Plus Jamais Ça ni ici ni ailleurs Croix de Pierre
105 avenue de Muret 31300 TOULOUSE

Toulouse le 13 janvier 2015

Communiqué de presse

AZF, l’explosion continue !
La cour de cassation annule la condamnation de Grande Paroisse et de son directeur

L’Association Plus Jamais Ça ni ici ni ailleurs Croix de Pierre considère que nous revenons 15 ans en arrière au moins. Aujourd’hui la cours de cassation exonère l’industriel de sa responsabilité, il y a quelques semaines le conseil d’état avait annulé le jugement qui condamnait (faiblement) l’état, Il n’y a donc aucun coupable. L’impunité des industriels ajouté à la l’irresponsabilité du contrôle de l’état, comment imaginer une situation plus fragile pour tous ceux et celles qui habitent près d’une usine à risques ou y travaillent ? C’est un blanc-seing qui vient d’être signé aux industriels et qui leur dit : « vous pouvez y aller !, vous pouvez privilégier en toute tranquillité les profits à la sécurité de vos établissements, de vos salariés et des riverains de vos usines ! ».

Pour l’Association Plus Jamais Ça ni ici ni ailleurs Croix de Pierre, cette décision va conforter l’arrogance et la suffisance d’un industriel certain de son impunité qui aura réussi avec ses avocats à balader la justice pendant treize années de procédures.
Oubliés les produits incompatibles, le hangar 221 et son absence de gestion, l’insuffisance de formation des personnels, des intérimaires et des sous-traitants, les règles de sécurité, la pollution de l’atmosphère, de l’eau, du sol en direction des riverains au sens large du terme..

Il n’y a pas de mot pour exprimer le sentiment d’injustice et d’indignation provoqué par la décision de la cour de cassation.

Pour la justice, pour l’État, pour Total, l’explosion n’a quasiment pas eu lieu ! Ensemble Ils coulent une chape de plomb amnésique sur les causes et les conséquences de la catastrophe, les victimes, les sinistrés et les séquelles physiques, humaines et sociales.

Les 7 millions de citoyens exposés aux risques industriels savent désormais qu’ils n’ont rien à attendre de l’État et de la justice censés les protéger.
AZF, l’explosion continue ! La lutte aussi !

Association Plus Jamais Ça ni ici ni ailleurs Croix de Pierre n° W3130009089 pjcnina.cdp@wanadoo.fr